Jacques Richard est né à Angers un 31 Mars.

Pendant sa scolarité au Lycée David d’Angers, il se passionne pour le cinéma en suivant assidûment les séances du ciné-club catholique de la ville.

A seize ans il monte un ciné-club dans la petite salle du CNDP, où il présente à un public restreint mais fidèle, des films de Bunuel,Eisenstein, Kurosawa ou Straub.

Puis, en 1971, à l’occasion du festival d’Avignon, il voit 300 films en un mois, et découvre à la fois tout Kurosawa, tout Buster Keaton et surtout le « jeune cinéma français » d’alors, dit « cinéma différent », dont les films de Garrel, Robiolles, Eustache, Barjol, Moullet, Lajournade, le Groupe Dziga Vertov, Duras ou Jean-Daniel Pollet.

Ce choc le convainc de prendre une caméra et de sortir du cinéma de papa...
Il réalise ainsi à 17 ans un premier court-métrage en Super 8 « la femme ».

Arrivé à Paris en 1973, il écrit quelques critiques pour le journal « LIBERATION » et « Art press ». Il a aussi l’occasion de travailler comme stagiaire auprès de Philippe Garrel, Benoît Jacquot, et au montage avec Jean Eustache.

Parallèlement, il se fait engager comme assistant à la Cinémathèque Française par Henri Langlois, lequel l’encourage à tourner un premier long-métrage «Né », et le présentera d’ailleurs en avant-première au public Chaillot.

 REPERES BIOGRAPHIQUES

Jacques Richard débute sa carrière à dix neuf ans en devenant l’assistant d’Henri Langlois à la Cinémathèque Française, où il peut découvrir tous les chefs-d’œuvre du Septième Art. Puis il réalise un premier long-métrage à l’âge de vingt ans, LE VIVARIUM avec Fabrice Luchini, alors jeune comédien, Michael Lonsdale, et la chanteuse Catherine Ribeiro. Ce premier film fait de nombreux festivals, est présenté en avant-première à la Cinémathèque par Henri Langlois lui-même, puis sort à Paris à l’Olympic. Ce premier film surprend, dérange, intrigue ou séduit. Frédéric Mitterrand écrit  alors: « Jacques Richard ressemble à ces lycéens de Terminale, dont on ne sait pas s’ils vont rafler tous les prix, ou mettre le feu au lycée ! »

En 1977, il réalise LE ROUGE DE CHINE, film poétique noir et blanc tourné en Ecosse dans lequel l’on peut entendre la voix d’Antonin Artaud. Puis, après quelques courts-métrages, il réalise en 1982 REBELOTE, film muet avec Jean-Pierre Léaud, présenté à Cannes en 1983 dans la Section, PERSPECTIVES.

Deux ans plus tard, la productrice de “Diva“, Irène Silberman, le remarque et lui produit ses deux prochains films : AVE MARIA dont l’affiche fit scandale, avec Isabelle Pasco crucifiée les seins nus sur une croix, et Anna Karina, puis CENT FRANCS L’AMOUR avec Richard Bohringer et Pierre-Loup Rajot.

En 1988, il est le co-fondateur de l’Association Henri-Langlois et fait réaliser sa tombe au cimetière Montparnasse, monument tout en verre, composé de 250 photos de l’histoire du cinéma. Il garde un témoignage de cet événement dans un film court intitulé LANGLOIS MONUMENTAL, où figurent Samuel Fuller, Marcel Carné et Michael Lonsdale.

Il écrit en 1996 un scénario avec Roland Topor La jeune personne, et qui se réalise enfin en 2009 sous le titre "L'Orpheline avec en plus un bras en moins". A la mort de Topor, Jacques Richard réalise deux courts-métrages d’après deux de ses nouvelles : Le Bon Coin avec Luis Rego, et La dame pipi avec Jackie Berroyer, Catherine Ringer et Brigitte Lahaie.

Depuis 1975, Jacques Richard a réalisé 67 films petits ou grands, pour le cinéma ou la télévision, dont de nombreux courts-métrages et documentaires, le plus remarqué étant Le fantôme d'Enri Langlois, portrait de trois heures trente du fondateur de la Cinémathèque française et créateur du Musée du cinéma, film présenté en Sélection Officielle à Cannes en 2004, puis distribué largement aux Etats-Unis, en salles et en dvd. Martin Scorcese a salué ce travail de mémoire fondamental.

Le Père Jésuite Jean Diard, fondateur de la Résidence d’artistes Confluences, ami de Renoir et de Rossellini, a dit de Jacques Richard : « Ce qui est original chez lui, c’est qu’il représente le classicisme dans la modernité".