UNE ŒUVRE EN MARCHE...
“ Il portait une veste verte, une chemise verte, un pantalon vert, des chaussures vertes… Il m'a dit : « Je suis en vert… et contre tout ! » "La maman et la putain" Jean Eustache
Faire du cinéma à vingt ans, c'est forcément “envers et contre tout ”. Et contre TOUS devrais-je ajouter, car c'est un petit monde où les places sont chères, et ceux qui s'y trouvent déjà ne tiennent pas à laisser la leur.
Avant le premier film on se dit : “ quand j'en aurai fait un, ce sera plus facile après… et bien non, c'est difficile encore et toujours, à chaque nouveau film. Il faut convaincre, trouver l'argent, beaucoup d'argent. Le seul art comparable au cinéma, c'est l'architecture. Sans les capitaux des financiers, pas d'immeubles, pas d'écoles, pas d'hôpitaux… idem pour le cinéma. Les peintres, les écrivains, les compositeurs, eux, peuvent pratiquer leur art à moindres frais … Pas le cinéaste.
Aussi, lorsqu'Henri Langlois m'a encouragé à faire mon premier film à vingt ans, je lui en ai toujours gardé une grande reconnaissance. J'ai pu constater par la suite qu'il était rare dans ce métier, que l'on vous fasse ainsi confiance.
Jacques Richard